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Publié le 19 Février 2013

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Comme cadeau de Noël, j’ai reçu de ma femme des cours d’œnologie. Original. Je sais ce que tu te dis, Cher lecteur, mais je n’allais pas avoir un Ipad à chaque fois, non ?

Début de WE studieux avec cours samedi matin et après-midi. Vu le temps exécrable du moment, mon esprit de conservation me fait penser qu’être enfermé est presque vital.

Je partage avec une quarantaine de personnes la volonté de maîtriser l’art de la dégustation du vin. En gros, on veut tous arrêter de passer pour une chèvre à chaque diner de famille ou au restaurant quand le serveur, qui lui non plus n’y connait rien, vient vous foutre la honte devant votre femme ou vos potes en vous demandant de choisir parmi 400 vins dont les prix font frissonner votre carte bleue.

Du jeune ou du vieux, du cadre dynamique et ambitieux, du couple de retraités ou de la bobo bio-addict, un panel bien représentatif de la population française. Nous sommes répartis par table de dix. Devant chacun d’entre nous trônent six verres qui attendent le nectar divin.

C’est un petit peu l’antithèse d’une réunion des alcooliques anonymes.

- Bonjour, je m’appelle Marcel et je suis là pour me bourrer la gueule avec une bonne excuse.

- Bonjour, Marcel !

L’œnologue chargée de nous inculquer les bases est une italienne qui a officié dans les plus grands hôtels et chez deux triple étoilés. Du lourd. Un débit de mitraillette et une énergie débordante. Un peu trop d’ailleurs car les effets de l’alcool et sa logorrhée vont finir par me saouler en fin de journée.

Après s’être présentée, Giovanna entame directement les hostilités en nous faisant goûter un petit blanc presque transparent. Premier truc qu’on apprend avant de goûter, c’est de regarder la couleur de l’urine pour voir si tout est OK. Pas de trouble, on peut foncer. Enfin, il faut quand même être motivé parce que premier contact avec l’alcool à 10h15, ça pique. J’ai bien des souvenirs de prise d’alcool en matinée mais j’étais beaucoup plus jeune et c’était dans la continuité d’une soirée étudiante où j’ai fini avec un peu de sang dans l’alcool. Là, à jeun, il faut prendre son élan.

Bon point pour moi, je sais faire la différence entre un blanc et un rouge… C’est à peu près tout. Lorsqu’elle commence à décrire les notes florales, les touches végétales ou les odeurs de sous-bois, la petite pointe de cuir, je suis complètement largué. Bon, je ne suis pas le seul et devant la collection de regards hébétés qu’elle a devant elle, Giovanna nous propose un petit exercice. Nous avons devant nous une petite boite contenant des extraits de parfums. A nous de découvrir à quelle famille, ils appartiennent. Attention, on ne demande pas de faire la différence entre une rose ou une jacinthe, une violette ou un magnolia, non simplement de découvrir à quelle famille appartient l’extrait. Minéral, épices, végétal, floral, animal, boisé…

Bilan catastrophique, sur les cinq parfums, je serais capable d’en reconnaître un seul. Le poivre, tu parles d’un exploit. Pourtant les autres me disaient bien quelque chose. Même pas foutu de reconnaître la fraise des bois. Pourtant une fois, que je l’ai su, c’était d’une évidence. Je revois encore les kilos de fraises des bois englouties par ma grand-mère. Pas mieux sur le cassis ou la violette.

Si vous cherchez le nez le plus déplorable de la galaxie pour les odeurs subtiles, n’hésitez pas à me citer, vous ne devriez pas être trop loin de la vérité. Pour les odeurs subtiles. Parce qu’en fait, ayant été trimballé toute mon enfance dans les zoos, les ménageries et les cirques (j’y reviendrai un jour si vous êtes sages), je suis capable de faire la différence entre une odeur de lion, de tigre, de panthère, d’ours, d’éléphants ou de girafe. Mes souvenirs olfactifs sont particuliers et un peu pointus, je vous l’accorde.

Seulement voila, un vin qui sent le phacochère, ce n’est pas bon signe. Et c’est surtout pas très courant. Ce qui explique que je patine dans la semoule et que je sois incapable de décrire un vin. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit, je fais très bien la différence entre une piquette de beaujolpif et un Saint Emilion Grand Cru classé, mais je suis dans l’incapacité de décrire les différences. Un analphabète de l’œnologie, voila ce que je suis.

Le cours était vraiment enrichissant et la fabrication du vin est un univers extraordinaire qui mérite bien que quelques amateurs s’y attardent. Je suis maintenant capable de parler de cépages, de terroirs, de sulfites, de fermentation alcoolique, de vinification, de Réhoboam ou de Melchizédech mais je reste limité pour décrire l’équilibre entre l’acidité et la gamme aromatique d’un vin.

Sur les 40 personnes présentes, seules deux ou trois m’ont vraiment donné l’impression de maîtriser leur sujet. Pour le reste, ils feront comme moi, soit passer pour une bille auprès des anciens qui ont assimilés le discours et qui sont capables de parler de n’importe quel vin même s’ils ne l’ont jamais dégusté, soit faire confiance au caviste du coin.

Cher lecteur, à ta santé.

Rédigé par Thierry C.

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