Les petits pères du peuple

Publié le 12 Février 2013

Les petits pères du peuple

Cher lecteur,

Je dis Cher lecteur parce que même si mon talent n'est pas négligeable, cela me coûte quelques efforts de te conter mes aventures d'autant plus que j'ai du mal à les compter.

Commençons par une des premières qui me vient.

Dans une autre vie, j’ai été chargé du marketing, des relations avec les medias et plus généralement de l’organisation d’événements sportifs internationaux. Qui dit à l’international, dit à l’étranger. On pourra considérer que mes expériences à Marseille, Nice et à Montpellier rentrent dans cette catégorie mais je ne voudrais pas me fâcher avec mes lecteurs du Sud.

Je vais donc te conter, Cher lecteur, des aventures qui se sont situées beaucoup plus à l’Est.

Mon travail consistait à préparer en amont les compétitions européennes en gymnastique et en natation, deux sports que j’ai pratiqués avec passion. Comme quoi le destin…

Mon premier contact avec la Russie se déroula en hiver. Moscou était recouvert de blanc et les températures négatives ne permettaient pas de faire la différence entre les babouchkas emmitouflées sous leurs chapkas et les futures top-models bon marché des défilés parisiens.

Après avoir été accueilli à Sheremetyevo par un chauffeur envoyé par la Fédération Russe de Plongeon, j’ai rapidement constaté que les embouteillages moscovites n’ont strictement rien à envier à ceux des autres métropoles mondiales.

Petite visite rapide de la Place Rouge et photo devant la Basilique de Basile-Le-Bienheureux et la cathédrale du Christ-Sauveur qui remplaçait depuis peu la piscine qui remplaçait l’ancienne cathédrale. Du bon boulot, Boris.

Levons, de suite, une ambigüité sur la Place Rouge. C’est une grosse arnaque. Non pas que la place ne mérite pas le détour, c’est bien sûr un incontournable arrêt pour tout touriste qui débarque à Moscou. La mixité du grand magasin Goum, de la cathédrale et du Kremlin formant un ensemble si ce n’est esthétique, pour le moins majestueux.

L’arnaque est bien sûr à mettre au crédit du Soviet Suprême. En son milieu, contre le Kremlin trône le mausolée de Lénine dominé par la coupole du Palais du Sénat. C’est sur le toit de ce mausolée que se plaçaient Staline, Khrouchtchev, Brejnev et tous leurs petits camarades du Politburo. Si les images tournées par les media soviétiques donnaient l’impression de dirigeants surveillants de toutes leurs hauteurs l’armée rouge qui défilait au pas de l’oie, la réalité était tout autre. Une bonne prise en contre-plongée est le tour était joué. Avec un petit effort, on peut même imaginer qu’un bon basketteur eût pu donner une claque aux dirigeants si l’un d’eux se fut penché (avec une léger tendance pour le suicide ou les camps sibériens, je vous l’accorde). Bref ils regardaient le monde d’une hauteur de trois mètres cinquante à tout casser. La grosse arnaque, je vous dis. Rien qu’avec ça, on aurait dû se méfier.

Première nuit à l’Hôtel Moskva, détruit en 2004 et achevé en 2012, qui était une merveille de l’architecture stalinienne avec ses milliers de chambres et ses deux ailes quasi-identiques. L’architecte Shchusev avait présenté deux esquisses au maître du Kremlin qui peu versé en design avait donné son aval sur les deux versions. Le célèbre architecte, préférant ne pas fâcher le géorgien moustachu au risque de se geler les miches dans les camps de vacances sibériens tenus par le gentil organisateur Beria, en conclu qu’il valait mieux coller les deux projets l’un à côté de l’autre et s’assoir sur son projet initial.

Pour plus de tranquillité, il était fortement recommandé de décrocher le téléphone de la chambre sous peine d’être dérangé toutes les cinq minutes par les prostiputes qui proposaient leurs services et de se munir d’un plan et d’une boussole pour éviter de se perdre dans les couloirs sans fin.

Départ le lendemain pour Elektrostal, petite ville de l’Oblast de Moscou située à environ 60 kilomètres de la capitale russe. Soixante kilomètres des routes russes, c’est équivalent à une bonne étape du Paris-Dakar. Avec nids de poules, accidents et chauffards compris.

Elektrostal n’apparaissait pas sur les cartes avant la perestroïka. La faute à des activités un peu sensibles comme l’entrainement des cosmonautes et la production de combustible pour réacteurs nucléaires par l’entreprise Machinostroïtelny Zavod (MSZ) qui appartient au groupe public TVEL. Donc tout ce que vous pouvez imaginer sur les stations balnéaires des bords de la mer noire du type Sotchi n’a strictement rien à voir avec Elektrostal dont l’ensemble de la ville appelle au suicide collectif.

Je suis déposé devant une datcha, clairement positionnée comme faisant partie de la catégorie résidence de la nomenklatura et non simple cabane de datchniki. Devant l’entrée, deux militaires se gèlent. Je ne sais pas dans quel sens se fait la garde et s’ils protègent l’intérieur ou s’ils doivent empêcher les invités de sortir. Les vieilles habitudes soviétiques ont du mal à être abandonnées. Je suis flanqué de mon ami Georges K., qui traîne aux bords des bassins depuis des siècles et qui équipe en maillot la plupart des équipes de la planète.

Nous sommes accueillis par Anatoly T., Secrétaire Général de la Fédération Russe de Plongeon, énorme ours à la moustache impressionnante qui sert d’archives à ses précédents repas. Ses paluches vous broient la main avec vigueur mais son cœur de russe semble déborder de gentillesse.

La visite de la piscine est fixée au lendemain matin. Après avoir pris un petit déjeuner à base de plastique, fromage et jambon compris, je mets un nez dehors pour vérifier que les deux militaires sont bien vivants et non congelés.

Anatoly nous emmène à pied à la piscine, les deux militaires nous suivant à distance. Georges en rigole, lui qui a connu l’URSS avant la chute du mur, en a vu d’autres.

Lorsqu’Anatoly me fait pénétrer dans la piscine, c’est le choc. Tout date de l’ère stalinienne, peut être même de Pierre le Grand. Le bassin olympique est surmonté d’immenses rideaux déchirés qui ont été sans doute été de couleurs claires à une époque lointaine et sont maintenant d’un jaune sujet à caution. Des dauphins côtoient des îles avec des palmiers magnifiques. Les murs sont lézardés et la peinture s’écaille. L’eau du bassin est suspecte et seuls les gradins en bois ne sont pas en trop mauvais état. Lorsque j’imagine le réalisateur d’Eurosport débarquant en juin, je vois déjà la syncope.

Il me faut des trésors de diplomatie pour expliquer à Anatoly que quelques petits ajustements semblent nécessaires. Je concentre mes recommandations sur les rideaux et n’imagine même pas un coup de peinture.

Je reviens en juin. La neige a disparu et son rôle de cache-misère aussi.

Nous arrivons une semaine avant le début de la compétition pour installer l’ensemble de notre matériel, plus de quatre tonnes de panneaux et de structures pour mettre en avant les sponsors.

Notre contact a changé, Anatoly est moins présent car occupé par l’aspect sportif et c’est Alexey N. Vice-Président de la Fédération qui est notre interlocuteur. Petite pile électrique, il court partout, sue beaucoup et ne quitte pas son attaché-case. Et pour cause…

Dès notre arrivée, Alexeï nous amène à la piscine.

Un miracle orthodoxe a eu lieu. Nous passons par les vestiaires où une armée de petites mains finissent de poser des casiers flambants neufs dans une odeur de peinture fraiche. La piscine est entièrement refaite. A part les gradins en bois, rien ne subsiste de l’ancienne piscine bolchévique. C’est un centre aquatique moderne que j’ai sous les yeux. Incroyable. Je ne pensais pas que mes conseils puissent être suivis de tels effets. Bien au-delà de mes espérances les plus folles. J’ai du mal à comprendre comment de tels moyens ont pu être déployés en aussi peu de temps. Je m’en ouvre auprès d’Alexeï qui me regarde avec un air malicieux. Le président de la Fédération a financé deux millions de dollars de travaux parce qu’il ne voulait pas que la Russie puisse présenter un mauvais visage à travers l’Europe. Je le verrais d’ailleurs plusieurs fois sortir des liasses de dollars de sa mallette pour accélérer l’avancée des travaux. Sacré percée du capitalisme…

Je ne suis pas totalement rassuré car le matériel que nous avons fait venir par avion n’est pas sur site. Je m’en inquiète auprès d’Alexey qui affiche un sourire un peu moins probant. Nous avons un problème avec les douanes me dit-il et les coups de fil depuis quelques jours n’y font rien.

Il est décidé d’aller négocier directement avec les autorités douanières à l’Aéroport de Sheremetyevo.

Alexeï me confie sous l’air de la confidence que nous serons accompagnés de Sacha et que cela devrait faciliter les discussions car il a une présence rassurante… Presque deux mètres sous la toise, large comme une armoire, blond comme les blés. L’archétype du slave dans toute sa splendeur. Il porte magnifiquement la cinquantaine.

Sacha me conseille de patienter avec Alexeï dans la voiture. Il va se charger des négociations. Sacha s’éloignant pour remplir sa mission, Alexeï me précise que Sacha après des années de KGB est rompu aux discussions délicates.

Plus d’une heure plus tard, c’est un Sacha décomposé qui revient. Il explique à Alexeï qu’il a tout essayé : du discours poli à la corruption. Cela fait bizarre de voir un gros bébé comme Sacha fondre en larmes de n’avoir pas su débloquer la situation.

C’est décidément un état à la dérive puisque même les vieilles méthodes ne fonctionnent plus. Je ne sais plus quoi faire et nous rentrons dépités à Elektrostal.

Arrivés à la piscine, la petite troupe n’en mène pas large. Il faut dire que la situation sent formidablement le moisi. Le directeur de la piscine que je n’avais pas vu jusque là entre en scène. Devant nos mines déconfites, il prend Alexeï quelques minutes en aparté, disparait puis revient avec sa femme. Elle parle un français fort convenable et sert de traductrice à son mari. Ce petit homme qui ne ressemble à pas grand-chose, perdu dans son costume trop grand, m’assure qu’il va faire son possible et qu’il va donner un coup de fil pour essayer de résoudre le problème. Deux minutes plus tard, il revient sans triomphalisme aucun en m’assurant que le matériel sera livré à la piscine dans les deux heures.

Je ne crois pas l’avoir embrassé mais ma poignée de mains a dû bien refléter mon état d’esprit et la reconnaissance que je lui vouais. Il me demande, le bougre, s’il peut encore faire quelque chose pour moi. Nous sommes à moins de 12 heures du début de la compétition et même si la nuit m’appartient, je lui demande si une ou deux personnes pourraient m’aider car même si j’ai à mes côtés le fidèle Pascal cela ne constitue pas une cohorte ni l’assurance de finir dans les délais. Aussitôt dit, aussitôt fait. Un petit coup de fil et une demi-heure plus tard, deux camions militaires vomissent une cinquantaine de treillis prêt à nous aider. Ce pays est un enchantement et une corne d’abondance de surprises. Après une bonne nuit de travail, la Coupe d’Europe de plongeon pourra débuter sans encombre.

Nous pouvons profiter d’un peu de repos et de la compétition. Alexeï nous fait parvenir un seau pour le repas. Le type de seau qui abrite généralement les serpillères sauf qu’il est rempli de caviar frais. On ne mangera que de l’or noir toasté sur du pain pendant cinq jours. Une orgie. Une explosion maritime à chaque bouchée.

Chaque matin, nous nous rendons à la piscine et nous arrivons en même temps que les équipes venant de toute l’Europe. Des dizaines de gamins font la chasse aux autographes sans connaître aucun des plongeurs. Nous sommes pris dans la frénésie de la quête aux signatures et malgré nos dénégations, les enfants veulent notre grigri sur une feuille de papiers. Pour ne pas les contrarier et pour être fidèles à nos origines, Pascal et moi signons à la place des plus grands sportifs français : Georges Marchais, Charles Trénet, Louis de Funès, Charles de Gaulle, Mireille Mathieu.

Alexeï me demande si j’accepterais de dîner avec le président de la fédération. C’est le minimum au regard de son investissement et je sens que ce repas est important pour lui. Il pourra valider auprès de son président le travail accompli. Rendez-vous est pris pour le lendemain soir.

Le jour suivant, en début de soirée, nous voyons arriver trois énormes 4x4 noirs rutilants, vitres fumées en option. En descendent une troupe de gorilles entourant le président. Bel homme, il détonne un peu dans ce monde sportif russe.

J’ai le plaisir d’être placé à ses côtés pour le repas et très rapidement une certaine complicité s’installe entre nous. Nous dinons sous le regard d’un monstre qui se tient debout derrière le président. J’ai remarqué un léger renflement de la veste et un holster laisse deviner un joli calibre. Je demande au président s’il s’agit de son garde du corps personnel. Il me sourit et me répond que c’est son conseiller spécial. Spécial en effet.

Depuis le début du repas, nous conversons en anglais car la plupart des autres convives sont étrangers (représentants des sponsors ou de la Ligue Européenne). Le président me demande si cela me ferait plaisir de parler en français. Tu parles, je sens que c’est surtout à lui que cela ferait plaisir. Va pour une petite conversation en français. Je m’attends à trois mots baragouinés dans un français maladroit mais je tombe rapidement de ma chaise devant la maîtrise de la langue de Molière par mon hôte. Que ce soit d’un point de vue de la syntaxe, du vocabulaire ou de l’accent, pas une erreur.

Je le questionne sur le nombre d’années passées en France. Il me répond qu’il n’est jamais venu. A-t-il une femme française ? Non plus. Devant mon étonnement, il me confie que l’école de langues du KGB était capable d’envoyer un russe à Marseille avé l’assent sans que personne ne s’en aperçoive. Pas besoin de lui demander quel était son ancien métier.

Je le félicite sur l’organisation de la compétition, met en valeur Alexeï qui prend 10 centimètres et lui demande si cette compétition et les deux millions de dollars dépensés n’ont pas trop grevé les comptes de la Fédération. Il me répond que le combustible nucléaire se vend bien dans les anciennes républiques depuis la chute du mur. Les comptes de la fédération continueront à bien se porter avec un tel sponsor. J’ose lui demander s’il a beaucoup pratiqué le plongeon plus jeune. Jamais fait un plongeon de sa vie et pour tout dire, il a un peu peur de l’eau. Est-ce bien important ?

Un sacré bonhomme qui a su, comme toute une génération des jeunesses communistes, profiter du délitement de l’état pour se placer au sommet des diverses industries nucléaires ou pétrolières qui s’offraient à eux. La Russie est entrée dans une période de transition où les mafieux finiront par se transformer en grands bourgeois puis en hommes politiques. Quelques années de retard sur les Etats-Unis mais le résultat devrait être le même. Je ne suis pas inquiet pour ce peuple si intelligent qui saura faire face malgré les années de plomb qui ont transformé en fonctionnaires la plupart des russes.

Le président finit par prendre congé et je suis bien heureux d’avoir croisé un tel personnage.

Alexeï est sur un nuage. Pour fêter ce succès, il nous annonce que les serveuses et lui vont se faire un petit sauna. Depuis le début du repas et au regard de la qualité du service, je soupçonnais ses demoiselles d’avoir assez peu fréquenté les écoles hôtelières suisses. J’en ai la confirmation après qu’Alexeï eut passé plus d’une heure avec ses assistantes dans la vapeur sèche. Il en ressort rouge comme une crevette. Les effets de la chaleur combinés à une petite pipe.

Bien fait de décliner, je suis fidèle au hammam finlandais et à ma femme.

A l’issue de cette grande manifestation qui a permis à la nation russe de rendre hommage à l’ensemble de plongeurs d’Europe, je retourne à Moscou pour prendre un vol qui me mènera à Saint Petersbourg pour les Championnats d’Europe de Gymnastique.

Si j’ai déjà pu découvrir la partie Vols Internationaux de l’Aéroport Sheremetyevo, le côté vols intérieurs me réserve quelques surprises. Autant la partie internationale permet aux étrangers de s’y retrouver avec des indications en anglais autant la partie des vols intérieurs offre à l’étranger qui s’y risque un désert de repères. Tout est en cyrillique et cela tient du miracle que je puisse me faire comprendre et monter dans le bon avion. Enfin bon avion, il ne s’agit là que d’une expression car au vu de l’état de la carlingue, je me demande si nous arriverons jusqu’à Saint Petersbourg. L’intérieur du petit bi-moteur est à l’unisson et je pense être, à raison, le seul non russe du vol.

A côté de moi, un grand-père avec sa toque en astrakan alpague l’hôtesse dès le début du vol pour la dépouiller de la totalité de ses mignonettes de vodka. Il boit la vodka comme du lait de ses moutons dont il me montre fièrement des photos mêlés à celles de sa fille. Pas beaucoup plus jolie que ses moutons d’ailleurs. Je ne suis pas client, désolé. Ni pour les moutons, ni pour la fille, merci.

Je dois confesser qu’à chaque trou d’air, je m’accroche un peu plus fort que d’habitude aux accoudoirs de peur que l’avion ne se disloque. Je revois par bribes les reportages TV sur les crashs d’Aéroflot (127 entre 1953 et 1998 quand même) et je m’imagine déjà allonger la liste des victimes. Heureusement ce ne sera pas pour cette fois là. Tant mieux, monter aux cieux en même temps qu’un producteur de moutons ne m’emballait pas plus que cela.

Je crois que l’hôtesse est également heureuse que le vol se finisse mais sa survie à elle tenait plutôt à la gestion de son passager fervent amateur de vodka. Plus une seule goutte d’alcool n’est disponible dans l’avion. Tout circule dans les veines de mon voisin de vol.

J’arrive à Saint Petersbourg où je suis rapidement amené devant sa majesté Léonid Arkaiev, le pape de la gymnastique mondiale, l’entraîneur de l’équipe russe qui pèse quelques kilos de médailles d’or aux Championnats du monde et aux JO.

Histoire de bien commencer sur de bonnes bases, petit concours de lever de coudes à base de vodka. Je sens ma dernière heure arriver lorsqu’il se sert un verre de vodka. Un verre, pas un dé à coudre, un verre de cantine. Heureusement Arkaiev après m’avoir mis une claque dans le dos à tuer un bœuf me sert de la vodka dans un verre à porto. Le garçon est joueur mais à vaincre sans peine, on triomphe sans gloire. Malgré le relatif rééquilibrage quantité/entraînement, j’abandonne rapidement le concours. Lui-même et ses troupes ont trop l’habitude. Même les filles de l’équipe russe traiteront leur alcoolisme quelques années plus tard.

J’ai aimé la Russie, son peuple attachant et si cultivé mais je n’étais pas mécontent après près de deux mois hors de chez moi de retrouver un quotidien plus apaisé.

Je ne suis pas loin d’être devenu un communiste occidental, un homme qui aime tout de la Russie - sauf l’idée d’aller y vivre…

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Rédigé par Thierry C.

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